“Rupture” de la coiffe après 65 ans : quelle prise en charge ?

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Le diagnostic de “rupture” de coiffe est très fréquent chez les patients de plus de 65 ans. Mais la prise en charge est très différente de celle du patient plus jeune.

Vous avez dit rupture ?

Le terme “rupture” est employé par défaut même si l’on n’a pas connaissance d’un traumatisme déclenchant. Mais en réalité, après 65 ans, la rupture traumatique est rare. Il s’agit le plus souvent d’une usure tendineuse liée au vieillissement et à des micro-traumatismes.

D’ailleurs, cette usure est très fréquente. Après 60 ans, une échographie a 20% de chance de trouver une rupture de coiffe chez un patient totalement asymptomatique. Après 80 ans, ce taux de rupture asymptomatique monte jusqu’à 50% ! Rupture de coiffe n’est donc pas synonyme d’épaule douloureuse chez les patients âgés.

Quels examens demander ?

Une IRM ou un arthroscanner permettent d’évaluer l’existence et l’étendue de la lésion de coiffe ainsi que l’infiltration graisseuse des muscles.

La radiographie standard ne doit cependant pas être oubliée car elle conditionne le pronostic et le traitement.

En cas d’arthrose gléno-humérale ou d’ascension de la tête humérale sous l’acromion, on élimine toute possibilité de réparation tendineuse.

Quel est le traitement médical ?

On réalise le plus souvent une infiltration cortisonée sous-acromiale qui permet de diminuer la douleur et de commencer la rééducation. En plus de la kinésithérapie manuelle, la balnéothérapie est très utile pour permettre une rééducation infra-douloureuse. Il faut compter 1 à 2 mois pour obtenir des résultats cliniquement signigicatifs.

Quand faut-il opérer ?

Le seul cas où une prise en charge chirurgicale se fait en urgence relative est rare. C’est celui d’une épaule devenue pseudo-paralytique après un traumatisme chez un patient ne présentant auparavant aucune douleur. Autrement, il n’y a pas d’urgence à “réparer” une usure de coiffe.

Quel traitement chirurgical ?

En cas d’échec du traitement médical, on peut avoir recours à la chirurgie.

La réparation de la coiffe n’est pas un objectif en soi, surtout s’il s’agit d’une lésion ancienne et rétractée. L’objectif est surtout l’indolence et le recouvrement des mobilités.

Si le patient est capable de lever le bras mais présente des douleurs intenses, on réalisera le plus souvent une ténotomie ou une ténodèse du long biceps et une bursectomie. Ces deux gestes ont un potentiel antalgique important.

Si la coiffe est réparable, il est possible dans le même temps réaliser une réinsertion tendineuse accompagnée d’une acromioplastie.

En revanche, si le patient présente une épaule pseudo-paralytique ou s’il existe des anomalies sur la radiographie standard, seule une prothèse inversée d’épaule permettra généralement de recouvrer les mobilités.

© Texte écrit par le Docteur Mikaël Chelli

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